Au delà des semblants, embrouille et savoir-y-faire

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..........INTERJECTIONS...........

L'AUTISME

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Ils ne sont pas comme ils devraient être à leur âge. Ils font preuve d'un mode d'être caractérisé par un hors lien, isolé dans leur monde, un monde clos. Ils témoignent de leur indifférence dès lors que la parole ne se noue pas à l'imaginaire c'est-à-dire au corps et, dans ces conditions, le signifiant ne représente pas le sujet pour un autre signifiant. Ils vivent dans un monde différent de celui de l'interprétation et de la signification.­Pour faire advenir une position de sujet désirant, le registre du Réel, Symbolique et Imaginaire, doivent être noués. Il n'en est pas ainsi pour le sujet autiste pour qui le registre du réel est premier.Bien qu'ils soient baignés dans le champ du langage, ils sont hors discours. Tout l'enjeu, En-Je, est qu'ils puissent s'inscrire dans un lien social, qui leur soit propre et faire advenir un Je qui les représente en accueillant leurs trouvailles infimes et difficilement repérables dont ils font preuve. Béatrice Radigois-

 

LE LISIBLE DANS L'ILLISIBLE

Se maintenir accrochés aux étalons de performances: voilà en quoi consistent les exigences des nouvelles méthodes de management engendrées par le discours de l'utilité. C'est là où les destins individuels se heurtent aux limites induites par l'impératif de compétitivité. Si l'évaluation généralisée a pour effet d'objectiver l'autre, elle contribue alors par ce fait, à la destruction du lien social en favorisant l'inflation des egos professionnels, source de rivalités narcissiques. Le sujet moderne est tiraillé par un effet de double mind. Réduit au silence par la tyrannie des modèles économiques, il est confronté paradoxalement à un pousse-au-tout-dire.  Les effets de la parole confisquée peuvent constituer une impasse car l'inflation normative fige le sujet dans un discours qui étanche sa langue singulière. Alors qu'en est-il de l'invention singulière  lorsque le sujet est exposé â être blessé par la langue? Comment le moi, l'idéal du moi peuvent converger vers une perspective inattendue, un point de détail qui donne l'empan d'une autre orientation permettant de faire avec les affects de honte, d'angoisse, de non-reconnaissance? C'est là où pour l’artiste, le lisible ne s'arrête pas aux lois du monde physique. Il  s'oriente du flou, de l'aléatoire, de l'insaisissable bousculant les représentations convenues, proposant ainsi une lecture de l'illisible, en bousculant les repères convenues de la phénoménologie de la perception. Françoise Stark Mornington

 
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PRISES DE PAROLE

 

ENTRETIEN avec THIERRY
La honte
1ere partie
1/5

(15mm 32s)

Honte, inhibition ne sont pas des éléments inamovibles - Il suffit qu'un sujet soit immergé dans une foule pour qu'ils deviennent tout relatifs - Lorsque cette foule est une foule organisée, et programmée, comme c'est le cas ici, pour promouvoir certaines valeurs  et exalter leur finalité, les gardes-fous se révèlent bien minces.

 

CONVERSATION with FRANCOIS ROCAMORA
Le lisible dans l'illisible
4ème partie 
4/4

( 9mm 54 sec)

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Une vision du monde - Entre mot et image : un traitement du réel Pour François Rocamora, l’art de peindre se déploie autour d’un aménagement de la surprise et de l’imprévu. Le regard pris comme objet pictural est jouissance de l’œil et de l’esprit. Entre la mise en mouvement de la pensée et de l’image, la création artistique se construit à partir d’une faille, d’un espace élidé de sa substance où s’isole le regard. Il s’agit ici - pour l’artiste peintre - de ne pas uniquement se contenter de présenter un tableau, mais devant la toile nue de produire la matière et de représenter le réel d’une manière non convenue. A qui sait regarder, le pas-tout visible émerge comme une vision du monde que l’artiste propose au regardeur.Produire un réel nouveau autour d’une mise en série de toiles invite à cette jubilation singulière que produit une œuvre lorsqu’elle s’est intégralement métamorphosée en une matérialité pure. Si François Rocamora se rapporte à l’histoire des idées et de la création artistique - spécifiquement picturale – son œuvre détonne, interroge, arrête. Ici l’image n’est nullement une unité picturale où le regard pourrait assouvir sa maîtrise, elle fait voir, elle montre, elle désigne l’effraction du réel et son traitement par la mise en tension du figuratif et du représentatif.

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Si l’œuvre de l’artiste dit quelque chose de son rapport au monde, sous le geste du peintre il y a cette tentative de cerner l’inadéquation du mot et de la chose, en forgeant la langue qui surgit comme autant de solutions, de trouvailles et d’inventions. L’homme du XXIe pris dans le mouvement de la post modernité est porté jusqu’à la pointe du vertige, comme flottant, hors sol. L’agencement fictionnel met au jour les rets de la prise de la langue sur le sujet. Le regard de la perspective espace spécularisable - non significantisable - montre ce qui est étrange et qui ne cesse pas de se montrer en le rendant équivoque Françoise Stark-Mornington

 

ENTRETIEN avec CORINNE
L'impossible à supporter
3ème partie
3/12

(durée : 6mn 47s)

L'impossible à supporter, lorsqu'un sujet s'y trouve confronté, est invisible aux autres, étant d'ordre psychique et donc intime, tout comme la cause en est à priori indécelable pour lui. C'est ce que Corinne énonce ici en disant que celui qui le rencontre doit toujours se justifier aux yeux des autres, dans la rupture ou le décalage du lien social qu'il occasionne. Cela, elle l'a d'abord appris d'une de ses amies proche, qui a traversé une dépression, puis de la "psychose manico-dépressive" de son fils. En filigrane il y a bien sûr cette question qui traverse l'entretien : comment l'impossible à supporter de cet autre, proche, parent, ou ami, retentit ou non sur le sien propre. René Fiori

 

ENTRETIEN avec François - Xavier SIGNERIN
L'autisme
5éme partie
5/5

(durée :17mm 43 sec)

Voici le témoignage du père d'un enfant autiste - D'un enfant qui suit des entretiens avec un psychanalyste - D'un enfant pour qui ces entretiens sont importants, dixit le père - Qui en douterait ? Ecoutez-le

 
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LA HONTE

Pour peu qu’elle glisse son incandescence dans l’inhibition, l’humiliation, l’indignité, la honte intensifie le délitement des défenses symboliques du sujet qui n'a pas trouvé appui dans l’Autre où se loge son Idéal-du-moi. Si ce sentiment de déchéance se produit sur le mode de l’accélération, la vie se vide tout d’un coup de son sens.  Héros de la pièce éponyme de Sophocle, Ajax  s’est donné la mort, après une crise de fureur, elle-même consécutive à un manquement à son honneur. Lui qui aurait dû recevoir les armes d’Achille après sa mort, armes forgées par Héphraïstos. Dans ces émissions, le héros moderne est le salarié, le SD ( pourquoi donc le F ?), l’enrôlé et d’autres….René Fiori.

 

NOTRE IMPOSSIBLE A SUPPORTER

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Quand ? où ? A quelle occasion ? Rencontrons nous l’impossible à supporter qui, selon la perspective psychanalytique, n’est rapportable à nul autre qu’à nous-mêmes ? Ce réel là, qui nous vient de notre rapport singulier au langage, au discours, et à la parole, et qui surgit comme leur faisant objection, est notre fragilité potentielle, virtuelle, à tout moment réalisable, et déjà réalisée pour certains. Quand il est rencontré, il nous déconcerte, nous surprend, nous embarrasse, nous perplexifie, nous tétanise, nous sidère, investit notre corps, tel un visiteur étranger et étrange. Ce réel là n’a pas sa correspondance dans l’anticipation, il déjoue les prévisions, esquive les prédictions, moque les prognostics, bouscule les préventions, abrase les prétentions. Fragilité psychique est une formule dérisoire, voire abjecte quand on en use et on en abuse à des fins de ségrégation, c'est-à-dire dans presque tous les cas. Qui affirmera qu’il ne rencontrera jamais, dans sa vie, ce réel-là? Qui déclarera qu’il ne concerne que l’autre, le voisin, le collègue, le proche ? Fragilité psychique est un effaceur qui nous vient de la psychologie darwinienne, justifiant selon la formule de lacan  "la dévastation sociale" qui  conduit au paroxysme mortel de la rivalité, de la concurrence, de la compétition, autant de termes qui cachent mal l’adversité qu’ils inaugurent, exacerbent et valorisent, car recélant la prédation animale comme modèle de relation.  Ce qui ne nous conduit aujourd'hui rien moins qu'à la libérale promotion de l’injustice et à l'émiettement du lien social -  RENE FIORI